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9 mythes sur les diètes et la nutrition auxquels il faut cesser de croire

Mars est le Mois de la nutrition au Canada, et c’est une occasion en or de parler des mythes qui entourent la nourriture et, surtout, les diètes. 

Avec les réseaux sociaux comme Instagram et TikTok, on voit de plus en plus de gens partager leurs trucs et astuces en matière de nutrition. Il est facile de s’y perdre! 

Nous avons eu la chance de parler avec la nutritionniste Marie-Josée Rainville, fondatrice de Rainville Nutrition et porte-parole du Mois de la nutrition pour les Diététistes du Canada, pour mettre en lumière les mythes les plus courants au sujet de la nutrition et des diètes. Les voici.

Mythe no 1: Il existe une diète miracle que n'importe qui peut suivre pour perdre du poids.   

La vérité: Non, si cette diète existait, on le saurait! De plus, la science le démontre: les diètes ne sont pas une façon de perdre du poids à long terme. S'ils forcent trop leur corps à perdre du poids, 90% à 95% des gens le reprendront en deux à cinq ans. 

Pourquoi? Parce qu’une seule formule ne peut convenir à tout le monde, puisque nous sommes tous différents. Chacun a ses propres besoins, selon les circonstances et en fonction de ses goûts, de sa culture, de ses traditions, de son histoire médicale, etc. C’est pourquoi l'idéal est de consulter un professionnel pour qu’il ou elle évalue tous les aspects de notre situation et nous fasse de bonnes recommandations. Les diététistes sont des professionnels de la santé formés et dignes de confiance qui aident à s’y retrouver en offrant des conseils personnalisés sur la nutrition.

Mythe no 2: Le poids est le seul indicateur de santé.   

La vérité: Non. La santé est multifactorielle et, si le poids peut en faire partie, d’autres aspects doivent être pris en compte pour juger de l'état de santé d'un individu: les habitudes de vie, le sommeil, la consommation d’alcool ou de tabac, l’activité physique, etc. De plus, il faut prendre en considération la santé mentale qui, elle aussi, peut être affectée par les habitudes alimentaires! 

La rigidité alimentaire joue sur la santé mentale. Si l'on concentre toutes nos énergies vers la perte de poids, si l'on se restreint et/ou si l'on fait de l’activité physique de façon trop intense, sans s’écouter, ce n’est pas «santé» non plus! En se concentrant seulement sur le poids, on passe à côté de tous les autres aspects qui entourent notre santé physique et mentale.

Mythe no 3: Certains aliments permettent de perdre ou prendre du poids.   

La vérité: Non! Aucun aliment n’a la capacité de faire perdre ou prendre du poids à lui seul. En réalité, il y a une quarantaine de facteurs qui influent sur notre poids, et bon nombre d'entre eux échappent à notre contrôle (facteurs génétiques, environnementaux, hormonaux, etc.).

On remarque aussi que deux types d’aliments sont souvent au centre des régimes: les glucides (sucres) et les lipides (gras). Par contre, tous les nutriments sont essentiels, les glucides et les lipides aussi! Couper ces groupes peut amener une perte de poids immédiate, mais, rapidement, le corps est en manque et en demande, ce qui peut causer des «rages» lors desquelles on consomme en grande quantité ce que le corps réclame. Il faut se souvenir que manger est essentiel à la survie et qu’une calorie n’est qu’un indicateur d’énergie. Oui, certains aliments sont plus nutritifs que d’autres, mais on peut manger de tout, pourvu qu’il y ait de la variété et de l’équilibre.

Mythe no 4: Sauter un repas est une bonne façon de perdre du poids et le déjeuner est le repas le plus important de la journée.   

La vérité: En fait, l’important est de décoder les signes que notre corps nous envoie. Celui-ci a la capacité de nous dire quand il a faim et quand il faut arrêter de manger, et ce, depuis la naissance. La faim est une alliée! Sauter un repas si on a faim et se forcer à attendre avant de manger n’est pas mieux, car on risque de manger plus, tout simplement, lorsque l’heure arrivera.

On ressent de façon innée la faim ou le rassasiement jusqu'à l’âge de 3 ou 4 ans; par la suite, on peut désapprendre à décoder ces signaux. La bonne nouvelle est qu’on peut toujours réapprendre! Il faut simplement réaliser que chacun a un rythme et des besoins différents. Les règles externes rigides ne fonctionnent pas, car elles ne répondent pas réellement à ce que le corps humain nécessite.

Mythe no 5: Les versions sans sucre ou allégées sont meilleures pour la santé que les «normales».    

La vérité: Non. D’ailleurs, depuis que ces versions existent, on n'a pas enregistré d’impact positif sur le poids des gens en général. Il ne faut pas oublier que la satisfaction qui vient en mangeant est importante pour que nous soyons capables d’arrêter de manger lorsque rassasiés. Si on trouve la version «low calorie» d'une chose qu’on aime moins bonne ou satisfaisante, on risque d’en manger plus, ou encore de manger autre chose après, puisqu'on ne sera pas satisfait. De plus, en mangeant les versions allégées, on risque de ne pas absorber assez d’énergie pour les besoins de notre corps, et, alors, la faim reviendra plus vite. 

Cela nous ramène encore à la clé du succès: écouter nos signaux de faim et de satiété.

 

Mythe no 6: Compter ses calories suffit pour perdre du poids.   

La vérité: En fait, cette façon rationnelle de contrôler ce que l’on mange peut fonctionner à court terme, mais le risque est que cela devienne obsessif. Il ne faut pas oublier que ces calculs sont théoriques et approximatifs! On a beau dire qu’une pomme contient (par exemple) 80 calories, ce n’est pas une science exacte et cela va changer d’une pomme à l'autre. 

Même chose pour les humains! Le calcul des besoins énergétiques est, encore une fois, théorique, et changera d'une personne à l'autre, ainsi qu'au fil du temps pour une même personne. Les signaux de faim et de rassasiement sont plus fiables: il faut donc faire confiance à notre corps pour gérer ce besoin. De plus, compter les calories peut entraîner un sentiment de culpabilité si on «triche», et un sentiment de «tout ou rien» (on pourrait se dire: «Ma journée est gâchée de toute façon, alors je vais manger n’importe quoi aujourd’hui.»).

Mythe no 7 : Il faut éviter certains fruits parce qu’ils sont trop sucrés.   

La vérité: Non! Le corps à besoin de glucides (le sucre) pour fonctionner. C’est le carburant que le cerveau utilise principalement, ainsi que nos cellules, notamment les cellules musculaires. Il est vrai que la banane est plus sucrée que la fraise, par exemple, mais le corps est capable d’utiliser les glucides à bon escient! De plus, la banane est plus «remplissante», ce que le corps prend en considération lorsque vient le temps de nous lancer ses signaux de faim.

Il est aussi important de ne pas oublier que les aliments ne sont pas qu’une chose! La banane, par exemple, contient aussi des vitamines et minéraux, pas que des glucides. Le lait ne contient pas que du calcium, le poulet ne contient pas que des protéines... et ainsi de suite! Il ne faut pas réduire un aliment à une seule qualité nutritionnelle: ils nous apportent bien plus que cela.

Mythe no 8: Une personne en surpoids mange trop, tout simplement.   

La vérité: C'est une façon trop simpliste de voir le surpoids. Comme on n'a pas tous la même grandeur, on n'a pas tous le même poids à l’âge adulte! Nos morphologies sont différentes, tout comme les 40 facteurs qui, on l'a mentionné plus haut, influent sur le poids. Bref, ce n'est pas qu'une question de «ce qui entre et ce qui sort».

De plus, les standards de beauté ne correspondent qu'à environ 2% de la population générale. Ce n’est donc qu’une toute petite partie de la population qui peut, naturellement, ressembler à ce qu’on voit dans les magazines ou au cinéma, et cela ne représente pas la norme, au contraire! 

Mythe no 9: Il n’y a pas de différence entre les restrictions alimentaires (végétarisme, véganisme, etc.) et les diètes à la mode (cétogène, paleo, intermittent fasting).   

La vérité: À la base, ce sont deux choses tout à fait différentes, mais il faut se demander pourquoi on adopte un régime ou un autre. On peut faire des choix alimentaires basés sur nos valeurs, comme l'environnement, l'équité sociale, la protection des animaux, les aliments locaux ou bio, etc. Ensuite, on peut faire des choix basés plutôt sur la peur de prendre du poids, la restriction, la culpabilité, etc. 

Il faut se demander: «Est-ce que j’ai choisi cette façon de manger pour perdre du poids ou parce qu’elle correspond à mes valeurs? Est-ce que je coupe tellement d’aliments que cela devient difficile d’être en bonne santé? Est-ce que ma rigidité alimentaire interfère avec ma vie sociale, familiale? Est-ce que cela devient obsessionnel? Est-ce que je me sens coupable si je déroge de mes choix habituels?» Puisque notre société est obsédée par le poids et la minceur, les raisons derrière le choix d’une diète peuvent cacher une détresse et une relation trouble avec les aliments.

Pour plus d'information et de ressources, voici quelques liens:

Les diététistes du Canada

L'ANEB: Anorexie Boulimie Québec, pour ceux qui sont aux prises avec un trouble alimentaire

Le groupe Équilibre, pour la promotion d'une saine image corporelle.

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